L’économie circulaire, le futur cercle vertueux du déchet

Comment ça tu sais pas ce que c’est ?

Pourtant je suis sure que tu y as contribué au moins une fois dans ta vie, c’est obligé, même si tu ne t’en rends pas vraiment compte, et même si tu ne sais pas ce que c’est.

L’économie circulaire, une expression pour définir un acte que nos grands-parents faisaient avant nous avec le lait, tu sais, les bouteilles consignées, système que les barmans sont aujourd’hui les seuls à avoir conservé d’ailleurs, l’économie circulaire en gros c’est recycler, rénover, réparer, composter, ne rien jeter.

Non alors je t’arrête tout de suite, ne rien jeter ok mais pas comme les tarés qui gardent tout, eux ne contribuent pas forcément à l’économie circulaire, ne rien jeter ce n’est pas forcément de l’économie circulaire, mais ce qui est vrai c’est que l’économie circulaire a vocation à ne plus rien jeter. Grande ambition n’est-ce pas ?

Ces derniers temps on a vu fleurir des articles sur les réseaux sociaux et dans les médias à propos de personnes qui se sont fixé l’objectif de ne plus produire le moindre déchet, ainsi Pauline de Paris a fait le pari de ne plus rien jeter, mais ce n’est pas évident avec des magasins qui vendent des produits, bio ou non, surremballés, ou des magasins bio qui ne vendent que des produits, la plupart du temps inutiles, dans des contenants jetables. Ce projet, il est mené de front depuis plusieurs années par le collectif Zero Waste partout dans le monde, collectif qui vise à sensibiliser, modifier les lois, les pratiques, inspirer des évolutions dans les collectivités, après des citoyens, des professionnels, des industries en proposant des outils de campagne pertinents tels que cette vidéo sur le bac bio, un projet tellement évident qu’on s’étonne qu’il n’existe pas déjà dans toutes les communes.

Evidemment quand on voit le contenu des poubelles de recyclage des immeubles collectifs, on se demande si ça vaut la peine de continuer à se battre…

Des déchets pas très bien triés
Des déchets pas très bien triés
Des déchets pas très bien triés
Des déchets pas très bien triés

Je râle régulièrement sur mes voisins quand je vois avec quelle incivilité ils se permettent de jeter leurs cartons dans les poubelles normales et leurs sacs poubelle dans les poubelles de recyclage malgré toute la pédagogie mise en place par Eco-emballages et le gouvernement, malgré que ce soit quand même marqué sur les poubelles, et avec des illustrations, même pas besoin de savoir lire. C’est navrant.

Une fois une voisine m’a répondu que c’était juste parce qu’elle avait la flemme…

Toutes les vidéos, tous les prospectus, toute la pédagogie du monde ne pourront malheureusement venir à bout de la flémingite aiguë dont sont victimes les jeunes de notre époque…

Un autre jour un voisin m’a dit qu’il savait de manière certaine que de toute façon ça ne servait à rien de trier, puisque nos déchets recyclables, même si nous les triions correctement, termineraient de toute façon dans un incinérateur. En gros, les vidéos d’Eco-emballages et le bourrage de crâne qu’on nous fait autour du recyclage seraient complètement vains, et les gens comme moi qui trient systématiquement seraient pris pour des cons.

Je ne l’ai pas cru, j’ai donc cherché à en savoir plus en questionnant quelques élus écologistes. Et il s’est avéré que mon voisin avait en partie raison, nos déchets recyclables ne sont pas tous recyclés, pas encore, pas aujourd’hui, mais d’après les élus écologistes c’est en bonne voie, les problèmes que nos déchets recyclables rencontrent sont encore très importants mais ils se résolvent au fil du temps. Le problème majeur c’est le manque de centres de tri, le manque d’espace de stockage des déchets et la lacune en capacité de traitement, beaucoup de déchets à trier et pas assez d’endroit pour le faire, malgré tous les efforts d’Eco-emballages pour nous faire croire le contraire. Finalement, les incivilités de mes voisins qui jettent tout et n’importe quoi n’importe où ce n’est plus si grave, puisque tout finira dans l’incinérateur. Mais je refuse de me laisser abattre, et ça ne m’empêchera pas de continuer à râler sur mes voisins, et à enquêter sur les gros cons qui jettent leurs cartons au mauvais endroit. Mais le vrai problème ce n’est pas tant la capacité de traitement des déchets c’est surtout leur quantité exorbitante.

Quand je lis les propos de notre Pauline parisienne dont j’ai parlé un peu plus haut, ça me soulage, de voir que je ne suis pas seule en France, à Paris et sa région, malgré mes cons de voisins, à rechercher à produire le moins de déchets possible, mais en réalité, comment faire ? Avoir moins de déchets, c’est bien beau de le dire comme ça, si je vivais dans une petite ferme en pleine campagne je pourrais élever mes poules pour produire mes oeufs et cultiver mon jardin avec des fruits et des légumes de saison, je serais très heureuse, probablement, ou très malheureuse en fait, très vite morte d’ennui, mais je n’ai pas de petite ferme en pleine campagne, je suis locataire d’un appartement en région parisienne, et des déchets j’en produis, malgré moi et ma volonté, pour des raisons multiples qui ne dépendent pas que de moi.

Si je veux acheter des produits bio avec des contenants consignés je dois prendre le métro, donc je vais contribuer à produire du CO2, et je dois réserver au moins une heure de mon temps rien que pour le trajet, la plus proche de chez moi est dans le 19ème soit à environ 20 minutes de chez moi en métro, environ 40 minutes à pieds, je ne peux même pas me rendre dans une épicerie bio à pieds près de chez moi en quelques minutes puisque dans ma commune il n’y en a pas, il y a au moins 7 fastfood à moins de 500 mètres de chez moi, une boucherie hallal, deux boulangeries, trois fleuristes, un bureau de tabac, deux laboratoire d’analyses médicales, un cinéma, trois restaurants, une parfumerie, deux pharmacies et une épicerie turque mais pas la moindre épicerie bio. Si je veux acheter du bio près de chez moi je dois me rendre dans un supermarché qui va me vendre des produits bio surremballés ou dont je n’ai pas le moindre usage.

Non je ne mange pas de levure de soja bio, ni même de la pas bio, non, ni des graines de soja bio ou pas, non, ni des graines tout court en fait, non non, et non je n’ai pas besoin de préparation pour pâte à pain bio, de la farine bio oui mais stupidement, vous n’en avez pas, du sucre bio non plus par contre de la préparation pour purée bio oui, mais quitte à bien manger je vais la faire moi-même la purée en fait, oui je mange bio au possible mais j’aime la bonne bouffe, je n’en suis pas encore à manger des graines moi, mais c’est probablement la prochaine étape…

Dans le supermarché où je vais, le moins cher et le plus près (un Leclerc pour tout vous dire) les 4 tomates bio sont vendues dans une barquette en carton plastifié, pas recyclable, entourées de plastique, pas recyclable non plus, si je prends des tomates pas bio, on va m’obliger à les mettre dans un sac en plastique mais ce sera toujours moins emballé que les bio. Le sac en carton on oublie, même si c’est encore un déchet celui-là il serait recyclable au moins mais bon… Idem pour les kiwis. S’il y a du fromage bio, il est dans un plastique entouré d’une boite en carton. Le fromage à la découpe ? Non bah non on a viré le rayon c’était pas rentable, maintenant on fait des portions emballées dans trois tonnes de plastique. Le concombre bio, alors lui il est recouvert d’un film plastique qui le comprime tellement que c’est à se demander s’ils ne l’ont pas moulé directement dessus… Et le plastique ce n’est pas bon pour emballer des aliments, ça laisse des microparticules et ça donne le cancer, et puis surtout ça ne se recycle pas. Pour la partie microparticules et cancer, si tu n’étais pas encore au courant je t’invite à mater ou à lire la grande enquête de Marie-Monique Robin : Notre Poison Quotidien.

Alors oui on surremballe, on fait des packaging beaux pour vendre au maximum, et il y a encore des gens qui achètent en fonction du packaging, on l’a tous fait après tout ! C’est sûr que le packaging de la purée Mousseline attire beaucoup plus que celui de la purée premier prix, pourtant c’est à peu près la même chose. Mais même si ça m’énerve tout ça, et que ça pollue, et qu’il est temps qu’on y remédie vite, pour limiter nos déchets, réduire nos déchets, je m’égare du sujet initial, alors revenons à nos moutons.

Donc zéro déchet, impossible en l’état vu nos pratiques douteuses en matière de recyclage et de surremballage, mais c’est un objectif commun à plusieurs villes, plusieurs personnes. Et puis il y a cette française là qui a dû partir aux States pour réussir à ne plus produire de déchet, Béa Johnson, elle a réussi elle, pourquoi pas nous ?

Si je continue avec l’exemple de mes voisins, la réponse est toute trouvée, on a la flemme et ça sert à rien.

Il y a beaucoup de ça, oui.

Mais il y a aussi des gens qui bougent leur cul et qui font des choses pour sauver la planète. Je vous ai parlé de Zero Waste, mais il y a aussi les Ressourceries, ces endroits merveilleux où des gens récupèrent vos déchets pour les transformer en un tas d’objets insolites, en oeuvres d’art, ou simplement pour les réparer et vous les rendre ou les revendre.

Abordons rapidement un concept directement lié au principe de l’économie circulaire. Tu connais l’obsolescence programmée ?

Ce concept, largement éprouvé par Apple ces 7 dernières années, a été particulièrement bien illustré par le court-métrage iDiots.

Je crois que ça se passe d’explications complémentaires, on comprend assez bien le principe, un objet est vendu un jour, il est acheté par toute la planète, par un maximum de personnes en un minimum de temps (il y a même des gens qui dorment devant le magasin pour être les premiers à posséder l’objet, c’est dingue !), il fait l’objet de quelques mises à jour pour le rendre plus mieux, et pour une raison inconnue, un an après, il tombe en panne, pile au moment ou son successeur, le même mais un peu mieux, est commercialisé, sur le même principe que le précédent, mais avec de nouvelles fonctionnalités qui font que tout le matériel que tu as pu te procurer pour faire fonctionner le premier ne fonctionnera plus pour le dernier. Et personne ne boycottera Apple, personne, parce que c’est tellement du bon matériel, c’est tellement pratique et c’est tellement esthétique… Nous sommes tous des iDiots.

L’économie circulaire vise à mettre fin à l’obsolescence programmée et à la surabondance de déchets notamment sur deux fronts :

– Lors de la création de l’objet par la mise en place de méthodes de conception écologiques, en utilisant des matières premières issues du recyclage le plus possible par exemple,

– Lors de la fin de vie de l’objet en lui permettant d’intégrer un cycle de recyclage afin de ne pas être incinéré, afin de lui donner une seconde vie.

Comme le disait si justement Lavoisier, « rien se perd, rien ne se créé, tout se transforme », alors oui tout se recycle.

Comment moins produire de déchet ?

Il s’agirait de moins consommer.

Et comment moins consommer ?

Il s’agirait de partager, et de pratiquer ce qu’on appelle l’économie collaborative. Alors pour la nourriture c’est pas évident, même si on voit se développer des jardins partagés un peu partout, on partage l’espace et la production qu’on en retire, mais ça reste assez compliqué pour nourrir toute une ville surpeuplée telles que le sont les villes de la petite couronne parisienne (et réduire notre consommation de nourriture contribuerait évidemment à rendre tout ça possible mais on en est loin), mais pour le matériel c’est déjà plus simple, il y a une multitudes de petites ou grandes initiatives qui ont vu le jour ces dernières années dont voici quelques exemples concrets.

Vous connaissez le covoiturage je n’en doute pas, nous avons tous un jour regardé les tarifs pratiqués par les covoitureurs sur blablacar (moi je me souviens même de mon inscription à l’époque ou ça s’appelait encore covoiturage.fr, d’ailleurs ils ont conservé l’URL), mais connaissez-vous aussi l’autopartage ? Pas tout à fait le même concept puisqu’il s’agit de partage de voiture et pas simplement de partage de trajet, le plus connu à ce jour il me semble est drivy, quoiqu’on puisse aussi considérer Autolib comme un système d’autopartage mis à disposition par la ville de Paris, tout comme Vélib est un système de vélopartage.

Autre système tout récent qui s’inscrit dans l’économie collaborative et qui a vu le jour en 2014, le projet Pumpipumpe, projet tout con qu’on s’étonne même de ne pas y avoir pensé, il s’agit de commander des autocollants à coller sur sa boite à lettres pour indiquer à ses voisins les outils que nous leur proposons de partager. Alors Pumpipumpe a l’avantage d’être gratuit, mais il existe depuis longtemps des sites mettant en relation des gens pour de la location de matériel entre particuliers, le capitalisme dans l’économie collaborative, d’ailleurs est-ce que c’est vraiment compatible ? Vaste débat. Autre débat, une autre fois peut-être.

Voici pour terminer ce long très long article une petite vidéo pédagogique expliquant simplement le principe d’économie circulaire, à diffuser largement évidemment si ce n’est pas déjà fait :

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