Auto-entrepreneur, ce qu’il faut savoir

Depuis le 1er Janvier 2009, le gouvernement a donné la possibilité aux français qui veulent être leur propre patron de devenir auto-entrepreneurs. La seule limite à cette possibilité, gagner maximum 80 300 euros pour une activité commerciale, ou moins de 32 100 euros pour les prestataires de services ou les activités libérales.

Il y a plusieurs bons côtés à ce statut « révolutionnaire ». L’auto-entrepreneur ne se prendra pas la tête avec l’inscription de son entreprise au registre du commerce et des société ou au répertoire des métiers. S’il n’a pas de revenu, l’auto-entrepreneur n’a aucune charge à payer. Et puis il est aussi facile d’arrêter son activité que de la commencer.

Tu trouveras un tas d’avantages et d’explications sur les sites suivants :

http://www.lautoentrepreneur.fr/
http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-statut-de-l-auto-entrepreneur
http://www.lautoentrepreneur.fr/images/3_Guide.pdf

Ce qu’on ne nous dit pas, ce sont les quelques inconvénients de l’auto-entreprise. Ces inconvénients, on peut faire avec et on se rend compte que l’Etat en profite mine de rien, à nos dépends.

Saviez vous qu’un auto-entrepreneur est en franchise de TVA ?

Dit comme ça, ça pourrait être positif, mais en fait ça veut dire qu’un auto-entrepreneur ne facture pas de TVA à ses clients, ça signifie aussi qu’il ne la récupère pas non plus lorsqu’il la paie.

Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est la TVA, une petite explication s’impose. Au quotidien, lors de nos multiples actes de consommation, nous sommes soumis à diverses taxes, et la plus fréquente d’entre elles, celle qui aujourd’hui est complètement entrée dans l’économie de beaucoup de pays, c’est la Taxe sur la Valeur Ajoutée. La TVA, pour faire simple, permet de rémunérer le travail (ou valeur ajoutée) qu’à nécessité le produit fini. Elle est payée uniquement par le consommateur final et va directement dans les caisses de l’état.

En fait, pour simplifier, les entreprises qui ont conçu le produit et le vendent à d’autres entreprises qui elles le vendent à des consommateurs pourraient très bien faire leur comptabilité sans compter cette TVA qui finalement leur est remboursée sur l’achat de produits et prise sur la vente.

Bon je t’ai peut-être perdu là.

En fait, le consommateur du produit fini paie 20% de plus que la valeur que touche le producteur, et ces 20% de plus vont dans les poches du gouvernement et permettent de financer un tas de trucs. Quand on arrive en France (et dans plusieurs autres pays d’Europe qui ont adopté aussi la TVA que nous avons adoptée les premiers en 1954) et qu’on paie quelque chose, on permet au pays de fonctionner. C’est sur les impôts qu’est basée une grosse partie de notre système financier national, et particulièrement sur la TVA, d’où l’intérêt du tourisme, aussi.

Si tu n’as toujours pas compris avec mes explications à deux balles, je vais illustrer un peu, parce que j’en meurs d’envie…

Tu prends le bus. Tu paies le ticket 2 euros, TVA à 20% soit 0,40€ sur la valeur totale du ticket. Les 0,40€ vont aller dans les caisses de l’Etat et lui permettra de financer une partie de la nouvelle voie de tramway à Montpellier. Donc en prenant le bus à Strasbourg, tu as financé un petit morceau d’un rail de la nouvelle ligne de Tram de Montpellier. Cela dit, quand tu iras à Montpellier, ne cherche pas le petit bout de rail en question, tu auras juste l’air con…

Tout ça pour dire que non, l’auto-entrepreneur ne bénéficiera pas de cette remise de la TVA lors de ses premiers investissements. Si l’auto-entrepreneur a besoin d’un ordinateur pour commencer son activité, il paiera la TVA plein pot et n’en reverra jamais la couleur, alors qu’un entrepreneur normal, lui, pourra demander à l’état de se faire rembourser la TVA qu’on lui a pris. Sur un ordinateur à 1000 euros, c’est 200 euros qui partent en fumée pour l’auto-entrepreneur. L’auto-entrepreneur est donc un consommateur comme les autres.

Auto-entrepreneur parce que presque retraité ?

Attention, si tu décides de te lancer dans l’auto-entreprise parce qu’en fin de carrière, que tu as besoin de quelques trimestres pour atteindre la retraite, ne te fie pas trop à ce système. L’auto-entrepreneur ne valide pas systématiquement ses trimestres de retraite. Pour que ce soit le cas, le chiffre d’affaire d’un auto-entrepreneur commerçant doit être supérieur à 24 040 euros, d’un prestataire de service à 13 936 euros, et d’un libéral à 11 554 euros. Donc pas de thune, pas de charge, pas de retraite.

Auto-entrepreneur ne te prend pas pour un dieu !

Si tu te lances dans l’aventure, certes il est simple de devenir son propre chef, de faire des affaires comme un vrai entrepreneur grâce à l’auto-entreprise. Mais attention, l’auto-entrepreneur est tout aussi susceptible que l’entrepreneur normal de faire faillite suite à un litige ou à un accident, et dans ce cas, gare à lui s’il n’est pas correctement assuré, ses biens personnels pourront être utilisés pour dédommager ses créanciers et sa responsabilité personnelle est illimitée.

Si jamais l’auto-entrepreneur dépasse le plafond de revenus fixé, il risque de devoir payé des charges bien plus élevées qu’il ne le pourra et devra dire adieu à son statut préférentiel pour dire bonjour au régime réel d’imposition avec tout ce qui s’en suit… Je ne rentre pas dans les détails parce que je ne maitrise pas vraiment très bien, la fisca j’ai du mal, et puis avant d’arriver à dépasser le seuil fixé il faut vraiment le chercher.

L’idée, c’est qu’une personne qui monte son entreprise dans le but de grossir ferait mieux de se faire chier dès le départ avec les paperasses administratives plutôt que de se lancer tête baissée dans la micro-entreprise. L’auto-entreprise est un statut destiné à l’étudiant ou à toute personne en recherche d’un emploi partiel pour une durée limitée.

En outre, un entrepreneur normal bénéficie, à la création de son entreprise, d’une formation d’une semaine au moins à la Chambre des Commerces et de l’Industrie, lui permettant d’appréhender au mieux ses responsabilités administratives. Cette formation n’est pas dispensée à l’auto-entrepreneur qui devra apprendre par lui-même toutes les ficelles de l’entrepreneuriat qui, même s’il est largement simplifiée par ce statut, reste tout de même accès difficile à comprendre dans sa globalité.

Autre point noir de ce statut, le fait qu’une entreprise fasse appel à un auto-entrepreneur pour externaliser à moindre coût sa production plutôt qu’à ses propres salariés. C’est ce fait que soulignent en général les détracteurs de l’auto-entreprise. Avec le statut d’auto-entrepreneur, à peu près n’importe qui peut faire à peu près n’importe quoi. La qualité du travail ne sera pas forcément la même qu’avec un vrai professionnel, mais c’est une opportunité offerte au français lambda de se lancer seul avec son talent dans la jungle du travail. Encore faut-il avoir un talent.

 

Une alternative, l’entrepreneuriat collectif : http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/0201114473500-pourquoi-il-faut-encourager-l-entrepreneuriat-collectif.htm

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