Drogues : À consommer avec dépénalisation

Lors des journées d’été des écologistes, Marine Tondelier, nouvellement élue responsable de la communication au sein de l’exécutif des Jeunes Verts, a animé un débat de grande qualité sur les drogues pour essayer de confronter aux réalités la motion adoptée dernièrement par le groupe de jeunesse politique.
Les intervenants étaient la sociologue Anne Coppel, le maitre de conférence Renaud Colson et Emmanuel Kujawski, conseiller municipal qui remplaçait Stéphane Gatignon maire de Sevran retenu dans sa commune à la dernière minute.

Aujourd’hui les drogues sont facilement accessibles : 1000 millions d’euros sont dépensés par an dans leur consommation. Les drogues alimentent souvent des réseaux mafieux plutôt que les caisses de l’Etat si, comme le tabac, certaines d’entre elles étaient vendues dans des endroits spécialisés.

Malgré un système judiciaire très lourd et une politique répressive, la consommation de drogues est importante et les problèmes d’insécurité subsistent, plus nombreux ici que dans des pays plus laxistes. 500 000 prisonniers liés aux drogues, du petit consommateur au mafieux.
Pourtant, dépénaliser l’usage aurait des effets bénéfiques : Il est temps d’adopter une politique de réduction des risques en accompagnant les consommateurs et les toxicomanes plutôt qu’en les criminalisant. C’est l’un des meilleurs moyens de couper l’herbe sous le pied des réseaux de trafiquants.

Emmanuel Kujawski a témoigné avec gravité de la situation à Sevran :
Dans cette ville de la banlieue parisienne les vendeurs de drogues et d’armes pullulent. Des associations des usagers de drogues se sont créées et espèrent obtenir un jour des prescriptions de drogues, mais le gouvernement français refuse d’entendre raison.
Le trafic de drogues s’insinue partout y compris dans les quartiers plus aisés et provoque une insécurité constante. 85% du trafic concerne le cannabis et les armes sont faciles d’accès (une kalachnikov s’achète 700€ dans la rue).

Cette insécurité n’est guère provoquée par les petits consommateurs ou petits dealers mais bien par de véritables mafias qui prennent en otage toute la population et qui vivent finalement très bien avec cette politique de prohibition.
Le conseiller municipal a donné un témoignage très inquiétant de la situation, expliquant que la politique de tolérance zéro entretenait finalement l’insécurité et favorisait les réseaux mafieux vivant de la clandestinité de leurs activités. Ces constats sont inquiétants d’autant plus que, selon lui, dans un avenir proche cette criminalité pourrait diversifier ses activités (milices armées…) en échange du silence des politiques.

Dépénaliser et encadrer la consommation, favoriser les circuits courts, accompagner les toxicomanes (…) seraient autant de solutions pour combattre efficacement les réseaux mafieux qui vivent de la clandestinité d’un trafic international qui s’accommode finalement très bien des politiques répressives. Une politique de sécurité plus efficace mais aussi une politique sanitaire doit être envisagée.

80% d’overdoses mortelles et 67% d’interpellations sont liées à l’héroïne. La consommation « non encadrée » de certaines drogues favorise depuis longtemps la propagation de virus transmissibles par le sang tel que le SIDA. On pourrait éviter cela en France mais on ne le fait pas, préférant oublier les centres de consommation que les autres pays du monde adoptent les uns après les autres. Il a été prouvé que les salles de shoot permettaient pourtant de réduire la mortalité.

Le consortium international sur la politique des drogues a refusé toute forme de dépénalisation des drogues. Cette prohibition répressive est en vigueur en France depuis trop longtemps. Un assouplissement pénal est envisageable mais la médicalisation est problématique. Il faut dépassionner le débat qui ne bouge pas depuis 20 ans, il faudrait changer les lois internationales mais c’est encore un sujet trop compliqué pour le moment. Sans commerce direct, ce serait possible.

Depuis ce débat, les Jeunes Verts continuent de travailler sur ce sujet sensible. Ils proposeront leur contribution au programme des écologistes pour les élections de 2012.

Florie Marie et Florent Mignot – Jeunes Verts Limousin http://jeunesverts.org/limoges

Pot de rentrée le 29 Septembre à 20h au 11 Rue Delescluze à Limoges
Permanences les Mercredis de 16 à 18h

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