La politique culturelle européenne : tout à revoir

Animé par Ferdinand Richard, directeur du Centre de développement pour les musiques actuelles AMI (Aide aux Musiques Innovatrices) de Marseille, dans une petite salle de la faculté de droit de Nantes, l’atelier sur la politique culturelle européenne lors des Journées d’été des écologistes a réuni de nombreuses personnes.

Suite à la commission culture du 23 juin 2010 au parlement européen, les écologistes souhaitaient faire le point sur la culture en Europe.

M. Richard a rappelé au début de son intervention la dégradation des conditions de fonctionnement du domaine culturel français et les changements souvent néfastes qu’il subit depuis sa création. Plus tard il a également fait mention du manque de budget accordé à la culture en France et en Europe.

Rappel rapide de l’histoire de la culture française

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le Général de Gaulle est très inquiet. La Plan Marshall, destiné à soutenir les états européens complètement détruits après la guerre, apporte avec lui une culture américaine industrielle qui pourrait détruire la culture française. Son ami, André Malraux, lui a conseillé de se méfier de cette invasion américaine qui pourrait bien détourner les français de leurs valeurs fondamentales et provoquer in fine l’entrée de la France dans les États-Unis. Charles de Gaulle décide donc de créer, en 1958, un ministère qui s’occupera d’abord des médias, puis des affaires culturelles du pays. Ce ministère leur permet de prendre quelques distances avec les États-Unis et de conserver la culture francophone. Depuis sa création, le ministère des affaires culturelles permet à la France de rayonner dans le monde. Cependant, sans doute dans le but de bloquer la croissance de la culture en Europe, la France refuse que les décisions concernant la culture soient votées à la majorité relative.

La France fait sa tête de mule

La situation actuelle de la culture en Europe est donc forcément déplorable. Les moyens dont la commission culturelle européenne dispose sont utilisés pour l’Eurovision qui reste, à ce jour, le seul programme culturel auquel participent tous les pays d’Europe. Comble de l’ironie, la France n’a pas remporté ce concours que tout le monde s’accorde à qualifier de ringard depuis 1977.

La culture a toujours été considérée comme l’objet de l’état, censurée quand trop laxiste, plébiscitée lors des campagnes électorales, limitée pour le contrôle du peuple, il est temps aujourd’hui qu’elle obtienne son autonomie.

Depuis quelques temps la culture a des objectifs d’attractivité et de compétitivité, elle est considérée comme objet commercial et devient un bon moyen de se faire beaucoup d’argent, mais ce n’est pas son rôle et nous ne souhaitons pas qu’elle devienne inaccessible.

Culture de ou pour tous

Il faut faire la différence entre la culture de tous et la culture pour tous. M. Richard signale que ce n’est pas parce qu’on est grand élu ou grand diplômé que l’on a une culture plus importante qu’un autre. Une personne qui a fait de grandes études commerciales par exemple n’a pas forcément des connaissances poussées dans le domaine culturel alors qu’un enfant issu de l’immigration pourra avoir un bagage culturel énorme.

M. Richard rappelle que chacun peut pratiquer les arts, que c’est un droit qui fait partie des Droits de l’Homme. Il faut cesser de construire des salles et utiliser ce qui existe déjà, il ne faut plus de grandes salles afin de continuer à faire vivre la culture de proximité.

Comment faire fonctionner les politiques culturelles de proximité ?

Accessibilité

Le soucis en Europe c’est que la culture est présente seulement dans les capitales culturelles. On a par exemple le triangle d’or (Londres-Amsterdam-Paris) qui regroupe une concentration des arts, des médias et de la culture. L’émergence de nouveaux sites culturels à l’extérieur de ces capitales est très difficile à cause de la compétitivité qui est née entre les différentes structures. Il faut donc changer de politique.

Comment faire comprendre que l’enjeu culturel n’est pas de recréer un triangle d’or mais une plateforme collaborative avec des espaces culturels ?

Approches possibles

La culture doit toucher l’écologie. Pour cela M. Richard propose trois approches :
– On peut mettre en relation la biodiversité, diversité culturelle et le pluralisme politique.
– Approche systémique : La culture appartient à tout le monde donc il faut des bureaux culturels partout.
– On a tous une culture et on a le droit d’accéder à la culture.

Pour conclure

Il est temps d’apporter quelque chose de nouveau à la politique culturelle, il faut travailler sur des projets à proposer.

Le débat sur les politiques culturelles européennes à déjà été proposé aux Verts et à Europe Écologie, il faut approfondir les idées.

Il y a 3 textes fondateurs à consulter :
Agenda 21,
Question du droit d’auteur,
Rapport Gallo.

A consulter également :
La commission culturelle au parlement européen

 

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